Tropilaelaps : identification, détection et stratégies de lutte

Larves et nymphes d’abeilles parasitées par des acariens Tropilaelaps dans les alvéoles

Sommaire

Tropilaelaps est un genre d’acariens parasites des abeilles, notamment Apis mellifera (l’abeille mellifère ou abeille européenne). Comme le célèbre acarien Varroa destructor, les Tropilaelaps se nourrissent du couvain (larves et nymphes) et provoquent des malformations, un affaiblissement, voire la mort des abeilles. Ces acariens présentent toutefois des caractéristiques qui les rendent encore plus dangereux que le varroa pour l’apiculture :

Reproduction accélérée : Tropilaelaps a un cycle de vie plus court que le varroa ; il peut donc se multiplier plus vite et devenir plus nombreux que celui-ci dans une colonie en l’absence de lutte. Des études ont relevé jusqu’à 25 acariens Tropilaelaps pour un varroa dans des colonies infestées, ce qui illustre son énorme potentiel de croissance démographique.

Dégâts sévères aux ruches : Une infestation de Tropilaelaps provoque des symptômes similaires à ceux de l’attaque du varroa (connus ensemble sous le nom de syndrome de l’acarien parasite), notamment un couvain déformé ou mort, des abeilles adultes aux ailes atrophiées ou aux pattes manquantes, et des ruches qui perdent rapidement de leur force. Les colonies fortement infestées s’effondrent ou même abandonnent la ruche (essaimage ou abscondation), propageant ainsi le problème vers de nouvelles régions.

Expansion géographique : Originellement, les acariens Tropilaelaps étaient des parasites restreints au sud-est asiatique, où ils parasitaient les abeilles géantes locales (Apis dorsata, Apis laboriosa, etc.). Mais deux espèces — Tropilaelaps clareae et Tropilaelaps mercedesae — ont réussi à changer d’hôte et parasitent désormais aussi l’abeille européenne. Au cours des dernières décennies, grâce au commerce et aux échanges d’abeilles, Tropilaelaps s’est propagé dans une grande partie de l’Asie et a même atteint des régions inattendues (signalé dans certaines régions du Moyen-Orient et récemment en Afrique orientale). En 2024, la présence de T. mercedesae a été confirmée en Géorgie, aux portes de l’Europe, et on soupçonne son arrivée dans d’autres régions voisines. Cela soulève des alarmes, car l’Europe et l’Amérique –jusqu’ici libres de Tropilaelaps– pourraient bientôt faire face à ce « nouveau grand défi » sanitaire dans l’apiculture.

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En résumé, Tropilaelaps constitue une menace sérieuse pour les apiculteurs du monde entier en raison de sa forte virulence et de sa reproduction rapide. Il est crucial d’apprendre à le reconnaître et à le maîtriser précocement, en particulier pour les apiculteurs débutants ou intermédiaires qui connaissent encore peu ce parasite émergent. Nous allons examiner sa biologie, les critères qui le distinguent du varroa, ses effets sur les colonies ainsi que les stratégies pratiques, fondées sur les données scientifiques et l’expérience de terrain, permettant de le détecter, de le combattre et de prévenir sa propagation.

Caractéristiques et biologie de Tropilaelaps

À quoi ressemble l’acarien Tropilaelaps ? À l’œil nu, un Tropilaelaps adulte apparaît comme un minuscule acarien brun rougeâtre, à peine visible sans grossissement. Il mesure environ 1 mm de long sur 0,5 à 0,6 mm de large, soit près d’un tiers de la taille d’un varroa. Son corps est étroit, allongé ou ovale, plus long que large, et porte quatre paires de pattes courtes. Alors que le varroa présente une forme arrondie et aplatie, comparable à une lentille, Tropilaelaps est plus effilé. Les pattes du varroa se trouvent surtout vers l’avant, sur la face ventrale, d’où son déplacement en « crabe » ; celles de Tropilaelaps dépassent latéralement et lui permettent de courir plus vite. Les mâles de Tropilaelaps sont légèrement plus petits et nettement plus velus que les femelles. En pratique, les apiculteurs observent surtout ces dernières, qui parasitent activement le couvain.

Tropilaelaps : identification, détection et stratégies de lutte - MALADIES & PARASITES

Comparaison entre les acariens Varroa destructor (à gauche) et Tropilaelaps (à droite). On observe la forme plus ovale et aplatie de Varroa face au corps plus allongé de Tropilaelaps. Les deux sont de couleur brune et de taille millimétrique, mais Tropilaelaps est plus petit (échelle de 1 mm sur l’image).

Sur le plan de leur biologie, les Tropilaelaps sont des ectoparasites obligatoires du couvain. Autrement dit, ils ne peuvent pas se nourrir sur les abeilles adultes : leurs pièces buccales ne percent pas la cuticule dure d’une abeille développée. Ils dépendent donc entièrement du couvain — larves et nymphes dans les alvéoles — pour se nourrir. Ils prélèvent l’hémolymphe, le « sang » des insectes, ce qui affaiblit et endommage le couvain. Point essentiel : Tropilaelaps ne survit que 2 à 3 jours hors d’une cellule operculée, c’est-à-dire sur le corps des abeilles adultes. S’il ne trouve pas une nouvelle larve hôte dans ce délai, il meurt de faim. Cette adaptation explique qu’il reste caché pendant l’essentiel de sa vie dans les rayons de couvain operculé et que sa phase « phorétique », sur les abeilles adultes, soit très brève et difficile à observer.

Différences avec le varroa

Bien que Tropilaelaps et le varroa partagent de nombreux traits — acariens d’origine asiatique, parasites du couvain, reproduction rapide et transmission de virus —, il existe des différences essentielles pour leur diagnostic et leur maîtrise. Le tableau suivant résume les principales :

Aspect Varroa destructor Tropilaelaps spp.
Taille et forme 1,5–2 mm, corps arrondi (plus large que long). Visible à l’œil nu (forme de lentille aplatie). Environ 1 mm, corps allongé (plus long que large). Plus petit et difficile à voir à l’œil nu.
Alimentation Ectoparasite du couvain et des adultes : il se nourrit de l’hémolymphe des larves, des nymphes et des abeilles adultes, principalement les nourrices et les faux-bourdons adultes. Ectoparasite exclusif du couvain : il ne peut pas se nourrir sur les abeilles adultes, car il ne perce pas leur cuticule. Il ne survit que 2 à 3 jours sur l’adulte.
Hôtes originels Originaire d’Asie (parasite naturel de Apis cerana). Aujourd’hui cosmopolite (infeste Apis mellifera dans le monde entier, sauf en Australie). Originaire d’Asie (parasite naturel de Apis dorsata et autres abeilles géantes). Présent en Asie et régions voisines ; T. clareae et T. mercedesae infestent A. mellifera (toujours absents en Amérique et en Europe).
Reproduction Cycle reproductif dans le couvain operculé d’environ 10 jours chez les ouvrières et 14 jours chez les faux-bourdons. La femelle pond environ 5 œufs, à raison d’un œuf environ toutes les 30 h ; en général, seules 1 à 2 filles atteignent l’âge adulte et quittent l’alvéole, tandis que les mâles et parfois d’autres femelles y restent et meurent. Cycle très court, d’environ 7 jours. Femelle pond 2–4 œufs (environ un toutes les 24 h) ; jusqu’à 2–3 acariens adultes peuvent émerger par cellule (femelles et mâles sortent avec l’abeille).
Vitesse de prolifération Modérée : une femelle produit peu de filles par cycle. La croissance dépend de la quantité de couvain disponible, mais devient exponentielle au fil de la saison en l’absence de lutte. Très élevée : cycle court et descendance nombreuse : croissance démographique explosive. Ces acariens peuvent se multiplier bien plus vite que le varroa, jusqu’à 25 fois plus rapidement.
Phase phorétique (sur adultes) Prolongée : le varroa peut rester plusieurs semaines ou plusieurs mois sur les abeilles adultes, notamment en l’absence de couvain. Il peut ainsi se disperser sur de longues distances avec les essaims, les abeilles à la dérive, etc. La phase phorétique est très brève : Tropilaelaps ne survit que 1–3 jours sur les abeilles. Il doit retrouver rapidement du couvain operculé, faute de quoi il meurt. Sa dispersion dépend donc de la présence, à très court terme, de couvain dans les colonies voisines ; elle reste davantage locale.
Mobilité sur les rayons Déplacements lents, se cache à l’intérieur des cellules ou sous les segments abdominaux des abeilles. Difficile de la voir courir sur les rayons. Acarien actif et très rapide, court sur le couvain et le rayon dès qu’il est exposé. Tend à fuir lorsqu’on ouvre la ruche, ce qui complique son observation.
Symptômes provoqués Varroise ou varroose : couvain sauté, abeilles aux ailes déformées (virus DWV), réduction de la population, effondrement si non contrôlée. Peut prendre plusieurs mois pour effondrer la colonie. Tropilaelapsose : symptômes presque identiques à ceux de la varroose — ailes déformées, abeilles insuffisamment développées, couvain perforé ou mort, effondrement —, mais d’apparition plus rapide en raison de la reproduction explosive du parasite. Une forte infestation peut faire s’effondrer une colonie en quelques semaines. Les abeilles peuvent en outre abandonner la ruche lors d’une infestation sévère.

Cycle de vie de Tropilaelaps

Le cycle de vie de Tropilaelaps est étroitement lié au cycle de couvain des abeilles. Pour comprendre comment cet acarien se reproduit et se propage, examinons étape par étape son cycle à l’intérieur d’une ruche de Apis mellifera :

1. Invasion des alvéoles : les femelles fécondées de Tropilaelaps recherchent des alvéoles de couvain operculé pour pondre. Elles privilégient généralement les alvéoles sur le point d’être operculées, qui contiennent des larves matures que les ouvrières vont sceller avec de la cire. La femelle entre rapidement dans l’alvéole juste avant ou immédiatement après son operculation.

2. Ponte : dans l’alvéole operculée, la femelle de Tropilaelaps dépose de 1 à 4 minuscules œufs blancs sur la nymphe ou sur les parois de l’alvéole ; elle en pond généralement 3 à 4. Contrairement à ceux d’autres acariens, les œufs de Tropilaelaps éclosent rapidement, en 1 à 2 jours.

3. Développement sous l’opercule : les jeunes acariens qui éclosent, d’abord protonymphes puis deutéronymphes, sont blancs et mobiles. Ils se nourrissent activement sur la nymphe d’abeille en développement et lui infligent des lésions. Ils deviennent de jeunes acariens adultes en environ 5 à 6 jours. Ces œufs donnent généralement un mâle et plusieurs femelles, le schéma habituel étant un mâle et 1 à 3 femelles par alvéole infestée. Pendant toute cette période, l’opercule de cire les maintient cachés et protégés dans l’alvéole, ce qui complique leur détection visuelle depuis l’extérieur.

4. Émergence avec l’abeille : Au moment de l’émergence de l’abeille adulte, environ 7 jours après la ponte des œufs (ce qui correspond à ~21 jours après la ponte de l’œuf d’abeille, dans le cas des ouvrières), la jeune abeille sort de son alvéole en entraînant les acariens avec elle. La femelle fondatrice de Tropilaelaps et les nouveaux adultes, femelles comme mâles, quittent l’alvéole avec l’abeille naissante. Celle-ci est souvent déjà atteinte : en cas de forte infestation, elle peut naître déformée ou affaiblie. Les acariens cherchent alors rapidement un nouvel abri.

5. Dispersion et réinfestation : Une fois sortis, les acariens Tropilaelaps recherchent immédiatement de nouvelles alvéoles de couvain au stade préoperculaire, afin de les envahir dès qu’elles sont operculées. Ils ne disposent que d’un très court délai (1–2 jours), car ils ne peuvent pas se nourrir sur l’abeille qui vient de naître. Ainsi, plus de 95 % des adultes Tropilaelaps pénètrent dans une autre alvéole au cours des 2 premiers jours suivant leur émergence. Le cycle se poursuit tant que du couvain est présent dans la ruche. En l’absence de couvain operculé disponible, les acariens doivent monter sur les abeilles adultes — phase phorétique — en attendant l’apparition de nouveau couvain ; comme indiqué plus haut, ils ne survivent que quelques jours dans cette situation.

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Schéma du cycle biologique de Tropilaelaps, en jours, dans une alvéole d’ouvrière. La femelle adulte entre dans l’alvéole, flèche rouge, peu avant l’operculation, vers le jour 8 du développement du couvain. Dans l’alvéole fermée, elle pond jusqu’à 4 œufs, représentés par des ovales blancs, qui éclosent rapidement. Plusieurs stades nymphaux se succèdent, indiqués en blanc ; au bout d’environ 1 semaine, 2 à 3 acariens adultes émergent avec la jeune abeille, vers le jour 21 du développement. Les adultes — la femelle fondatrice et sa descendance — recherchent aussitôt de nouvelles alvéoles sur le point d’être operculées pour recommencer le cycle. (Illustration adaptée de supports pédagogiques de Denis Anderson)

6. Dispersion entre colonies : Tropilaelaps peut gagner d’autres ruches par plusieurs voies. La dispersion naturelle se produit lorsque des abeilles porteuses d’acariens entrent dans des colonies saines : abeilles à la dérive qui se trompent de ruche, abeilles pillardes prélevant du miel ou du couvain dans des colonies affaiblies, ou essaims emportant des acariens lors de la fondation d’une nouvelle colonie. Sa phase phorétique étant très courte, la dispersion à longue distance dépend toutefois surtout de l’activité humaine : transport de ruches infestées, échange de cadres de couvain entre ruchers, commerce d’essaims sur cadres ou de paquets d’abeilles, voire expédition de reines accompagnées de nourrices. Toutes ces pratiques peuvent introduire Tropilaelaps dans de nouvelles zones. Le transport et l’importation de matériel apicole vivant — reines, essaims ou colonies — depuis une région touchée exigent donc une vigilance maximale.

En résumé, Tropilaelaps est spécialisé dans l’exploitation de la phase de couvain des abeilles. Son succès réside dans sa reproduction rapide sous l’opercule et son saut de cellule en cellule avant de mourir de faim. Toute interruption de la disponibilité du couvain freine dramatiquement son cycle, mais tant qu’il y a du couvain ouvert qui passe à la nymphe, l’acarien continuera de se propager à l’intérieur de la ruche et vers les colonies voisines.

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Impact sur les colonies et conséquences pour les abeilles

L’infestation par Tropilaelaps provoque une maladie appelée tropilaelapsose, dont les manifestations dans la colonie sont dévastatrices et très similaires à celles de la varroose (Varroa) :

Couvain endommagé et mal développé : en se nourrissant du couvain, les Tropilaelaps provoquent des malformations chez les abeilles en développement. Les larves parasitées peuvent mourir avant la fin de leur métamorphose, laissant un couvain en mosaïque, avec des alvéoles vides ou des larves mortes dispersées parmi le couvain sain. D’autres abeilles émergent, mais sont malformées : abdomen raccourci, ailes atrophiées ou déformées — notamment sous l’effet du virus des ailes déformées transmis par l’acarien —, pattes malformées ou absentes. Incapables de voler ou d’accomplir normalement leurs tâches, elles sont souvent évacuées par les ouvrières et peuvent être observées rampant devant l’entrée de la ruche.

Opercules perforés et couvain évacué : les nourrices détectent souvent une anomalie dans les alvéoles parasitées et tentent de les nettoyer. On observe alors des opercules perforés ou partiellement ouverts sur le rayon, symptôme de parasitisme parfois appelé « bald brood », ou couvain chauve. Des nymphes blanches malformées sont parfois visibles à travers ces ouvertures. Les ouvrières peuvent désoperculer les alvéoles et retirer les larves mortes ; des restes de couvain momifié s’accumulent alors sur le plancher ou devant l’entrée. La présence de nymphes déformées ou partiellement cannibalisées à l’entrée de la ruche signale une tropilaelapsose avancée.

Diminution de la population adulte : À mesure que le couvain meurt ou donne naissance à des abeilles affaiblies, la population d’abeilles adultes diminue rapidement. Les abeilles âgées meurent naturellement, mais ne sont pas remplacées par un nombre suffisant de jeunes abeilles saines. Le résultat est une colonie visiblement affaiblie, avec moins d’abeilles couvrant les cadres. Dans les infestations sévères, on peut passer d’une colonie forte à une colonie qui occupe à peine 3 à 4 cadres en quelques semaines. Par exemple, lors de récents épisodes en Asie et en Europe de l’Est, T. mercedesae a provoqué la mort de 53 % des colonies surveillées en moins d’un an, et les colonies survivantes sont restées très affaiblies malgré la saison active.

Désertion de la ruche (absconding) : Un détail observé avec Tropilaelaps est que, en cas d’infestation très élevée, les abeilles peuvent abandonner complètement la ruche. Ce comportement de fuite ou absconding est une réaction naturelle des abeilles asiatiques (A. dorsata) face à ces parasites, et les abeilles mellifères européennes réagissent parfois de même lorsque la charge d’acariens devient insoutenable. La colonie s’en va donc en désespoir de cause, laissant derrière elle la ruche infestée (ce qui la condamne généralement à mourir, bien que certains acariens puissent voyager avec les abeilles qui s’en vont). Pour l’apiculteur, cela signifie trouver la ruche vide d’abeilles hormis le couvain mort — un dénouement extrême de la tropilaelapsose.

Transmission d’agents pathogènes : comme le varroa, Tropilaelaps transmet plusieurs virus de l’abeille, dont le virus des ailes déformées (DWV), ainsi que d’autres agents associés à l’effondrement des colonies. Les infections virales amplifient les lésions directes causées par les acariens et affaiblissent davantage les abeilles. L’expression « syndrome parasitaire des acariens », ou PMS en anglais, désigne précisément l’association d’un couvain irrégulier, d’abeilles malformées et d’un effondrement général de la colonie sous l’effet des acariens et des virus qu’ils propagent.

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En résumé, les conséquences de Tropilaelaps sont catastrophiques : le couvain meurt ou donne naissance à des abeilles malades, la population chute brutalement et, sans intervention, la colonie finit par s’effondrer. En raison de sa dynamique démographique, Tropilaelaps peut provoquer cet effondrement bien plus vite que le varroa. S’il s’implantait largement, cet acarien constituerait donc une menace majeure pour l’apiculture mondiale, avec des pertes importantes de colonies, une baisse de la production de miel et un risque pour la pollinisation des cultures.

Pour l’apiculteur, reconnaître ces symptômes de tropilaelapsose est fondamental. Beaucoup d’entre eux imitent la varroose traditionnelle, si bien qu’en zones où Tropilaelaps n’est pas encore présent, le problème pourrait être confondu avec un varroa hors de contrôle. Nous aborderons ci-après comment détecter et diagnostiquer la présence de Tropilaelaps dans les ruches, en la distinguant d’autres maladies, afin d’agir à temps.

Méthodes de détection et de diagnostic

Détecter Tropilaelaps dans une ruche peut être un véritable défi, surtout pour les apiculteurs peu expérimentés, car cet acarien reste caché pendant la majeure partie de sa vie dans les cellules operculées. Toutefois, grâce aux techniques de surveillance adaptées, il est possible d’identifier une infestation avant qu’il ne soit trop tard. Voyons les méthodes les plus courantes de détection et comment distinguer Tropilaelaps d’autres problèmes :

Inspection visuelle dans la ruche

Observation des symptômes sur le couvain : le premier indice vient souvent des signes visibles sur les rayons de couvain. Lors d’une visite courante, recherchez des configurations anormales du couvain : couvain en mosaïque, opercules affaissés ou perforés, larves ou nymphes blanches visibles après l’ouverture des alvéoles par les abeilles, etc. Ces signes sont communs au varroa et à Tropilaelaps : tout acarien qui parasite le couvain peut produire des effets similaires. Dans la plupart des régions, ils feraient aujourd’hui d’abord suspecter le varroa. Avec Tropilaelaps, la rapidité et la gravité des symptômes peuvent cependant alerter : un couvain en mosaïque et de nombreuses abeilles malformées malgré un traitement récent contre le varroa doivent faire rechercher une autre cause. Dans tous les cas, ces signes constituent une alerte qui impose un examen approfondi.

Recherche d’acariens sur les abeilles adultes : Avec Varroa, il arrive parfois de voir de petites taches brunes sur le corps des abeilles (en particulier chez les faux-bourdons ou les abeilles récemment émergées). Avec Tropilaelaps, cela est beaucoup plus difficile. On estime qu’au sein d’une colonie infestée, seulement 3 à 5 % des acariens Tropilaelaps se trouvent sur les abeilles adultes à un instant donné (la grande majorité est à l’intérieur des cellules). En outre, en raison de leur plus petite taille et de leur couleur plus claire/translucide, ils se camouflent facilement. Par conséquent, lors de l’inspection individuelle d’abeilles adultes, il est peu probable de repérer à l’œil nu un Tropilaelaps tant que l’infestation n’est pas très avancée.

Recherche d’acariens sur les rayons : une méthode visuelle utile consiste à secouer brusquement les cadres pour voir si des acariens en tombent. La technique dite du « bump test » consiste à retirer un cadre, de préférence porteur de couvain, puis à lui imprimer un ou plusieurs coups secs au-dessus d’une surface blanche, par exemple un plateau en plastique ou le toit de la ruche. Les vibrations peuvent faire tomber les acariens en phase phorétique présents sur les abeilles ou les rayons. Inspectez ensuite le plateau à la recherche de petits points mobiles. Après sa chute, Tropilaelaps devrait continuer à se déplacer rapidement, ce qui aide à le distinguer des débris de cire. Cette méthode simple peut révéler la présence de Tropilaelaps lorsque les acariens phorétiques sont assez nombreux, mais elle est peu sensible si presque tous se trouvent dans les alvéoles.

Désoperculation du couvain : la méthode la plus efficace consiste à examiner directement le couvain operculé. Prélevez quelques portions de rayon contenant du couvain operculé, de préférence du couvain de faux-bourdon, plus attractif pour les acariens en raison de sa durée d’operculation plus longue. Désoperculez soigneusement les alvéoles puis extrayez les larves ou les nymphes avec une pince. Examinez chacune d’elles. Les Tropilaelaps adultes apparaissent comme de minuscules acariens roux ou beiges qui courent sur le couvain ou se cachent au fond de l’alvéole. Les nymphes de Tropilaelaps, blanchâtres, peuvent rester immobiles sur la larve ou dans le liquide larvaire et ressembler à de simples particules de cire. Travaillez en pleine lumière, avec une lampe et éventuellement une loupe. En cas de forte infestation, plusieurs acariens se déplaceront rapidement dès l’ouverture d’une alvéole, confirmant la présence de Tropilaelaps.

Désoperculation adhésive du couvain — « brood depilation » : ouvrir les alvéoles une à une est efficace, mais laborieux. Cette méthode emploie une bande adhésive, comparable à une bande de cire froide, pour retirer les opercules du couvain et désoperculer d’un seul geste une zone du rayon. Des dizaines de nymphes sont alors exposées ; les acariens présents se mettent à courir, restent parfois collés à la bande ou deviennent visibles sur le couvain découvert, ce qui facilite leur comptage. Cette technique de terrain rapide se développe, mais doit être utilisée avec précaution, car elle endommage la portion de couvain examinée.

Rapid brood decapping for Tropilaelaps mercedesae detection (Uzunov et al., 2024)

Utilisation de plateaux de contrôle : Comme pour le varroa, placer un plateau adhésif ou un plateau enduit de vaseline sous le fond grillagé peut aider à détecter Tropilaelaps. Les acariens morts ou tombés accidentellement restent collés au plateau blanc et peuvent être observés après quelques jours. Toutefois, on signale que compter Tropilaelaps sur les plateaux est plus difficile que Varroa, en raison de sa taille plus petite et de sa couleur plus claire ou transparente. En outre, la faible proportion d’acariens phorétiques fait que la chute naturelle de Tropilaelaps est moindre. Néanmoins, un plateau collant peut capter des acariens si l’infestation est importante, servant ainsi d’alerte.

En règle générale, les méthodes classiques d’échantillonnage du varroa, comme le lavage à l’alcool ou le sucre glace, ne sont pas fiables pour Tropilaelaps. Très peu d’acariens se trouvent sur les abeilles adultes ; un prélèvement peut donc être négatif alors que la colonie est infestée. La surveillance de Tropilaelaps repose ainsi davantage sur l’inspection du couvain que sur celle des abeilles adultes.

Confirmation en laboratoire et diagnostic différentiel

Tout apiculteur qui suspecte fortement la présence de Tropilaelaps — après avoir observé des acariens inhabituels en désoperculant le couvain, par exemple, ou des symptômes anormaux malgré la maîtrise du varroa — doit avertir immédiatement les autorités sanitaires compétentes. Dans de nombreux pays, dont l’Espagne, la tropilaelapsose est une maladie à déclaration obligatoire, comme la varroose dans les zones auparavant indemnes. Les services vétérinaires inspecteront alors le rucher et prélèveront des échantillons officiels pour confirmer ou exclure l’infestation. Il s’agit généralement de portions de rayon avec couvain operculé et abeilles en développement, ainsi que d’abeilles adultes conservées dans l’alcool, envoyées à un laboratoire spécialisé pour examen microscopique. Un expert peut identifier sans ambiguïté Tropilaelaps grâce à sa morphologie : taille, forme, pièces buccales, etc.

Le principal diagnostic différentiel oppose Tropilaelaps à Varroa destructor, car les deux parasitoses provoquent des symptômes similaires dans les ruches. C’est pourquoi il est fondamental de pouvoir distinguer visuellement les acariens s’ils sont observés. Voici un guide rapide :

• Varroa : taille 1,5 mm, forme arrondie, couleur brun foncé et déplacement lent. On l’observe fréquemment fixé sur le dos des abeilles adultes ou contre la paroi d’alvéoles operculées ouvertes lors du prélèvement.

• Tropilaelaps : taille ~1 mm, forme allongée, couleur brun roux semi-transparente, très rapide. On le voit presque exclusivement courir sur les larves/nymphes en ouvrant les cellules, ou se déplaçant avec agilité dans le rayon.

Une autre confusion, moins probable, concerne le « pou de l’abeille » (Braula coeca), qui est en réalité une petite mouche aptère vivant sur les abeilles adultes. Braula est brun rougeâtre et d’une taille comparable à Tropilaelaps, mais ne possède que 6 pattes, et non 8. Elle se déplace sur le corps des abeilles, notamment sur la tête, sans provoquer les dégâts causés par les acariens. Braula est aujourd’hui peu fréquente en Europe, mais il est utile de la connaître pour éviter toute inquiétude injustifiée : elle ne provoque ni couvain déformé ni mortalité des nymphes, contrairement à Tropilaelaps.

Important : dans les régions où Tropilaelaps n’est pas établi — notamment en Espagne, dans l’Union européenne et sur le continent américain —, toute suspicion, même minime, doit être immédiatement signalée aux autorités sanitaires compétentes. Celles-ci disposent de protocoles pour placer le rucher en quarantaine, confirmer l’identification du parasite et, si possible, prendre des mesures d’éradication. Comme aucun traitement contre ce parasite n’est actuellement prévu par la réglementation dans les territoires qui en sont indemnes, les autorités peuvent recommander ou imposer des mesures radicales, telles que la destruction des colonies infestées, afin d’empêcher sa propagation. Aussi sévère soit-elle, l’élimination du foyer pourrait être le seul moyen de tenir Tropilaelaps à l’écart de nos abeilles dans les pays indemnes.

Dans les zones où Tropilaelaps existe déjà (plusieurs pays d’Asie), une détection précoce au niveau des ruches individuelles permet aux apiculteurs de mettre en œuvre des traitements et des manœuvres avant que la colonie ne s’effondre. Dans la section suivante, nous verrons quelles stratégies de contrôle et de traitement peuvent être appliquées pour combattre Tropilaelaps une fois détecté, des méthodes naturelles aux traitements chimiques, s’inspirant de l’expérience des apiculteurs confrontés à ce problème.

Stratégies de contrôle et de traitement de Tropilaelaps

Gérer Tropilaelaps de manière efficace exige une approche intégrée, tirant parti à la fois des méthodes culturelles (gestion de la ruche) et des traitements chimiques lorsque ceux-ci sont disponibles. De nombreux principes de gestion de Varroa s’appliquent, mais avec des ajustements importants dus aux différences déjà mentionnées (en particulier la courte phase phorétique de Tropilaelaps). Voici les principales stratégies détaillées :

Méthodes naturelles et biologiques de contrôle

Lutte biologique : interruption du cycle du couvain. L’une des stratégies naturelles les plus efficaces contre Tropilaelaps, également utile contre Varroa, consiste à interrompre ou maîtriser le cycle du couvain, puisque ces acariens ne peuvent pas se reproduire sans couvain operculé.

Plusieurs méthodes sont possibles : retirer ou encager la reine pendant environ 14 jours afin d’empêcher toute nouvelle ponte et de provoquer une rupture temporaire de couvain ; ou diviser la colonie en constituant un essaim sur cadres avec la reine et une partie des abeilles, de sorte que la colonie souche reste quelque temps sans couvain frais.

Pendant cette pause, les acariens adultes émergent mais, n’ayant pas de nouvelles cellules où se reproduire, ils meurent en quelques jours. Des études menées en Asie confirment que cette technique réduit significativement les populations de Tropilaelaps dans les deux ruches.

Pour une conduite plus précise, certains apiculteurs emploient des cages qui limitent la ponte de la reine et synchronisent ainsi l’émergence de tout le couvain. Un traitement, par exemple à l’acide oxalique, peut alors être appliqué lorsque tous les acariens sont en phase phorétique, hors des alvéoles, ce qui augmente son efficacité.

Combiner ces techniques de gestion avec des traitements acaricides peut améliorer notablement les résultats et réduire de façon durable la pression d’infestation.

Utilisation de reines issues de lignées hygiéniques : la sélection d’abeilles capables de détecter et d’éliminer le couvain malade — comportement hygiénique — constitue déjà un moyen de lutte contre Varroa, car elle réduit la reproduction de l’acarien. Ce comportement pourrait également contribuer à la lutte contre Tropilaelaps. Chez ses hôtes naturels, les abeilles géantes asiatiques, la défense repose sur une hygiène poussée : les ouvrières ouvrent les alvéoles infestées et exposent ainsi les acariens. L’élevage de reines présentant un comportement hygiénique marqué ne supprime pas entièrement le problème, mais pourrait maintenir l’infestation à un faible niveau de manière naturelle. Le renouvellement régulier des reines par des lignées hygiéniques constitue donc une bonne pratique de conduite préventive.

Fonds sanitaires et pièges physiques : Étant donné que Tropilaelaps est un acarien très mobile, les fonds sanitaires peuvent empêcher les acariens tombés de revenir à la colonie. Tout acarien qui tombe par gravité ou sous l’effet du comportement d’épouillage des abeilles à travers la maille mourra faute de pouvoir remonter. En outre, combinés à des plateaux adhésifs, ces fonds permettent de surveiller les chutes naturelles. Ce n’est pas une solution définitive, mais cela contribue à réduire la réinfestation interne.

Contrôle biologique (prédateurs/acariens bénins) : En théorie, des prédateurs naturels d’acariens (comme les pseudoscorpions, d’autres acariens, etc.) pourraient aider à maintenir des populations faibles. Mais en pratique, cela reste expérimental et peu éprouvé avec Tropilaelaps. Certains apiculteurs favorisent la colonisation de pseudoscorpions dans les ruches par curiosité, mais aucune preuve solide n’indique qu’ils contrôlent des infestations significatives de Tropilaelaps.

En résumé, les mesures de gestion apicole qui réduisent ou interrompent la ponte sont extrêmement utiles contre Tropilaelaps. Un apiculteur peut planifier des pauses de ponte (par exemple, ne pas stimuler la ponte à certaines périodes, retirer le couvain operculé ancien, etc.) pour éviter que les acariens ne se multiplient. Toutefois, cela ne suffit souvent pas et on recourt alors à des traitements acaricides spécifiques.

Traitements chimiques autorisés

Dans la plupart des pays, il n’existe actuellement aucun médicament conçu spécifiquement contre Tropilaelaps, puisque le parasite y est encore exotique. Dans les régions infestées, les apiculteurs ont surtout employé les mêmes acaricides que contre le varroa, avec une efficacité variable. Voici les principaux traitements chimiques et les résultats connus contre Tropilaelaps :

Acide formique : C’est un acide organique volatil largement utilisé contre Varroa (p. ex. dans des produits commerciaux comme Formic Pro®). L’acide formique a l’avantage que ses vapeurs pénètrent les cellules operculées, permettant de tuer les acariens à l’intérieur du couvain. Des recherches en Thaïlande ont montré que des bandes d’acide formique ont permis de réduire significativement la population de Tropilaelaps sans effets négatifs sur les abeilles. En fait, c’était le seul produit chimique encore réellement efficace huit semaines après l’application dans cette étude. De nombreux experts (comme Guarna) considèrent l’acide formique comme la meilleure option chimique actuellement disponible pour freiner Tropilaelaps.

Acide oxalique : L’acide oxalique est très efficace contre Varroa lorsqu’il n’y a pas de couvain (pulvérisation ou sublimation). Contre Tropilaelaps, il pourrait agir de façon similaire dans des conditions sans couvain, tuant les acariens phorétiques. Toutefois, en présence de couvain operculé, son efficacité chute drastiquement car il n’atteint pas les acariens cachés (même limite que pour Varroa). On peut s’attendre à ce qu’après un blocage de ponte, un traitement à l’oxalique élimine les Tropilaelaps restants sur les abeilles adultes.

Amitraz (lanières de type Apivar ou Apitraz®) : l’amitraz est un acaricide de synthèse largement utilisé contre Varroa. Des essais de terrain indiquent toutefois qu’il n’est pas efficace contre Tropilaelaps dans les conditions habituelles d’une colonie. Les lanières d’amitraz agissent probablement grâce à un contact prolongé avec les abeilles et les acariens phorétiques ; or, comme Tropilaelaps reste très peu de temps sur les abeilles, il n’est pas suffisamment exposé au produit pour en mourir. Dans une étude, un traitement de 42 jours avec Apivar n’a entraîné aucune réduction de la population de Tropilaelaps, bien que le produit soit efficace contre Varroa dans d’autres conditions.

Pyréthrinoïdes (tau-fluvalinate, fluméthrine) et organophosphorés (coumaphos) : ces substances actives entrent dans la composition de lanières telles qu’Apistan®, Bayvarol® et CheckMite®, autrefois très utilisées contre Varroa. Peu de publications portent précisément sur leur action contre Tropilaelaps, mais les experts estiment que leur efficacité est faible. Marta Guarna indique que des molécules comme le tau-fluvalinate ou le coumaphos « ne fonctionnent pas aussi bien » contre Tropilaelaps, probablement là encore en raison de sa courte phase phorétique, puisque ces produits agissent eux aussi par contact prolongé. De plus, Varroa a développé des résistances à ces substances dans de nombreuses régions ; si Tropilaelaps subit une pression de sélection comparable ou apparaît dans une zone où ces produits sont déjà peu efficaces, leur intérêt sera encore plus limité.

Thymol et huiles essentielles : les produits tels qu’Apiguard® — gel au thymol — et les préparations à base d’huiles essentielles, comme le menthol ou l’eucalyptol, exercent une action acaricide modérée. Ils pourraient réduire partiellement la population de Tropilaelaps, mais leur niveau d’efficacité n’est pas documenté. Comme ils n’agissent pas à l’intérieur des alvéoles, ils ne peuvent pas éliminer seuls une infestation. Ils peuvent s’intégrer à une stratégie de lutte intégrée, mais n’en constituent pas la solution principale.

Soufre en poudre : en Asie, l’application de soufre en poudre a été testée dans des ruches infestées. Le soufre exerce une action acaricide et peut produire du dioxyde de soufre toxique lors de sa combustion. Il a été observé qu’il réduit la population de Tropilaelaps, mais aussi qu’il nuit aux abeilles lorsque la dose n’est pas rigoureusement maîtrisée. Dans l’étude thaïlandaise citée, le nombre d’acariens a diminué, mais la population d’abeilles adultes a également subi une baisse significative. Le soufre ne constitue donc pas, en pratique, un traitement commercial suffisamment sûr.

Acides bêta de houblon (HopGuard®) : ce traitement relativement récent contre Varroa est formulé à partir d’acides bêta du houblon et présenté sous forme de lanières. Lors d’essais contre Tropilaelaps, il a réduit dans une certaine mesure le niveau d’infestation, mais avec des effets indésirables sur la colonie, puisque le nombre d’abeilles adultes a également diminué après traitement. La formulation ou la dose n’étaient peut-être pas optimisées pour Tropilaelaps, et l’efficacité observée ne justifiait pas le risque. Remarque : HopGuard n’est pas autorisé en Europe.

Comme on le voit, tous les acaricides n’ont pas la même efficacité contre Tropilaelaps. Les traitements qui agissent à l’intérieur des alvéoles, comme l’acide formique, ou ceux qui sont appliqués après avoir créé une période sans couvain sont généralement les plus efficaces. À l’inverse, les produits qui nécessitent la présence de l’acarien sur l’abeille — amitraz ou pyréthrinoïdes — sont peu performants, car Tropilaelaps reste à l’abri dans le couvain.

Pour résumer, ce tableau compare certains traitements et leur efficacité rapportée :

Traitement Est-il efficace contre Tropilaelaps ? Remarques
Acide formique (FormicPro) Oui, très efficace Tue les acariens à l’intérieur des alvéoles operculées, sans causer de dommages graves aux abeilles si le traitement est correctement appliqué. C’est l’option chimique recommandée.
Acide oxalique (dégouttement ou sublimation avec Varroxal, etc.) Modéré (en présence de couvain operculé : non ; en l’absence de couvain : oui) Utile uniquement après retrait du couvain ou induction d’une rupture de couvain, car le produit ne traverse pas les opercules. À associer idéalement à un blocage de ponte pour obtenir une efficacité maximale.
Amitraz (Apivar, etc.) Faible efficacité Les lanières n’assurent pas un contact suffisant avec les acariens dissimulés dans le couvain. Dans la ruche, Tropilaelaps échappe donc presque entièrement à l’action de l’amitraz.
Tau-fluvalinate (Apistan), fluméthrine (Bayvarol) Faible efficacité (probablement < 50 %) Attaque uniquement les acariens phorétiques, phase très brève chez Tropilaelaps. Peut ne pas maîtriser l’infestation. En outre, risque de résistance croisée avec Varroa.
Coumaphos (CheckMite) Faible efficacité Profil comparable à celui du tau-fluvalinate : le résidu actif n’atteint pas les acariens présents dans le couvain. Ce produit est aujourd’hui peu utilisé en apiculture en raison des résidus susceptibles de s’accumuler dans la cire.
Thymol (Apiguard) et huiles essentielles Efficacité incertaine (probablement faible à modérée) Peuvent réduire l’infestation chez les adultes, mais ne permettent pas d’éradiquer complètement. Utiles en complément, pas comme mesure unique.
Soufre en poudre Partiellement efficace Réduit les acariens, mais peut aussi endommager les abeilles. Non autorisé dans la plupart des pays ; utilisé de façon expérimentale.
HopGuard (acides bêta du houblon) Partiellement efficace A réduit la charge de Tropilaelaps lors des essais, mais avec un impact négatif sur la population d’abeilles (stress toxique).
Interruption du couvain (encagement de la reine, division de la colonie) Oui, très efficace (méthode non chimique) Ne tue pas directement les acariens, mais les condamne naturellement en les privant du couvain nécessaire à leur reproduction. À associer à un autre traitement pour éliminer les acariens phorétiques restants.

Note : À ce jour, aucun pays occidental n’a homologué d’acaricide spécifique pour Tropilaelaps, mais il est à prévoir que les mêmes produits autorisés pour Varroa soient utilisés en cas de besoin, en ajustant les protocoles. Par exemple, dans l’Union européenne, les seules substances autorisées contre Varroa sont les acides organiques (formique, oxalique), le thymol, l’amitraz et le tau-fluvalinate. De ces substances, on peut déjà en déduire que l’acide formique serait le choix principal si Tropilaelaps devait apparaître, probablement en le traitant de manière similaire à Varroa, mais peut-être avec une fréquence plus élevée compte tenu de sa reproduction rapide.

Gestion intégrée des parasites (IPM)

Compte tenu de la difficulté à maîtriser Tropilaelaps, il est recommandé, comme pour le varroa, de mettre en place une gestion intégrée des parasites (IPM) en combinant plusieurs leviers de manière planifiée :

Surveillance fréquente : inspecter régulièrement les colonies à la recherche de symptômes, toutes les 2 à 3 semaines pendant la saison active, et échantillonner le couvain en désoperculant quelques alvéoles, surtout dans les colonies suspectes. Un suivi constant permet de repérer une hausse de la population d’acariens et d’intervenir avant l’effondrement.

Seuils d’action : Définir les niveaux d’infestation à partir desquels les traitements seront appliqués. Pour Varroa, on parle généralement du pourcentage d’infestation sur les abeilles ou de la chute naturelle ; pour Tropilaelaps, cela pourrait être « nombre d’acariens observés par 100 cellules ouvertes » ou un autre indicateur. Un seuil sûr n’est pas encore établi, mais dans les zones endémiques, les apiculteurs ont tendance à traiter dès qu’ils voient un Tropilaelaps, en raison de sa rapidité de reproduction.

Alterner et combiner les méthodes : ne dépendez pas d’un seul produit. Vous pouvez, par exemple, employer un traitement à base d’acide formique en automne, provoquer une rupture de couvain au printemps puis utiliser l’acide oxalique en hiver. Cette stratégie agit sur l’acarien à différents moments et limite la sélection de résistances. Si Tropilaelaps s’implantait à l’échelle mondiale, il pourrait, comme le varroa, devenir résistant aux acaricides ; il est donc essentiel de ne pas employer excessivement une seule substance active.

Santé globale des colonies : Une colonie bien nourrie, dotée d’une reine jeune et vigoureuse et soumise à peu de stress, sera mieux armée pour supporter et se rétablir après une parasitose. Bien qu’aucune abeille ne soit immunisée contre Tropilaelaps, les colonies ayant de bonnes pratiques d’hygiène et un nombre élevé d’ouvrières peuvent supporter plus longtemps la charge pendant que l’apiculteur intervient. Ainsi, la gestion intégrée inclut le maintien de bonnes pratiques apicoles (alimentation en cas de manque de ressources, remplacement de la reine si la ponte diminue, éviter d’autres pathogènes comme Nosema, etc.).

Éliminer les foyers fortement infestés : Parfois, malgré les traitements, une colonie peut devenir très malade. Pour éviter qu’elle ne devienne une source de dispersion (par pillage, dérive, etc.), il pourrait être prudent de sacrifier cette colonie en l’éliminant et en désinfectant ou en congélant les cadres pour tuer les acariens restants. Cette décision est difficile, mais elle fait partie d’une mentalité de gestion intégrée pensant à la santé de l’ensemble du rucher.

En définitive, la lutte contre Tropilaelaps exige d’être proactive et d’utiliser plusieurs outils simultanément. Les experts soulignent que les mêmes tactiques de gestion intégrée utilisées contre Varroa serviront pour Tropilaelaps, mais appliquées avec un accent accru sur la rupture du cycle de reproduction du couvain. En effet, se protéger contre Tropilaelaps peut aller de pair avec une bonne gestion de Varroa : « En combinant surveillance, gestion du couvain et traitements efficaces, les apiculteurs peuvent affronter les deux acariens simultanément ». Cette synergie est importante, car personne ne voudrait devoir gérer deux parasites séparément ; idéalement, un plan intégré maintiendra Varroa et Tropilaelaps sous contrôle dans le même calendrier sanitaire de la ruche.

Prévention et bonnes pratiques pour les apiculteurs

Tant que Tropilaelaps n’est pas présent dans notre pays ou région, la priorité est de prévenir son introduction. Et s’il devait être introduit, le détecter rapidement pour l’éradiquer avant qu’elle ne se diffuse. Certaines bonnes pratiques recommandées à tous les apiculteurs, notamment les débutants et intermédiaires, sont :

Éviter d’importer des abeilles depuis des zones infestées par Tropilaelaps : lors de l’achat à l’étranger de paquets d’abeilles ou de reines, évitez si possible les nourrices accompagnatrices, souvent placées dans la cagette pour s’occuper de la reine. Idéalement, introduisez la reine seule ou avec très peu d’accompagnatrices et écartez ces ouvrières étrangères avant l’arrivée au rucher, car elles pourraient porter des Tropilaelaps invisibles. Pour les paquets d’abeilles et les essaims sur cadres, exigez des certificats sanitaires et, si possible, placez-les en quarantaine, à l’écart, pendant quelques semaines de surveillance.

Vérifier soigneusement toute ruche neuve ou essaim capturé : Si vous acquérez des colonies d’occasion ou capturez un essaim sauvage, effectuez une inspection approfondie du couvain dès que c’est sûr. Ouvrir au hasard des cellules de faux-bourdons et placer une plaque de surveillance pendant quelques jours peut aider à vous assurer qu’elles ne transportent pas de parasites. Mieux vaut détecter un problème dans un seul essaim récemment introduit que risquer tout le rucher.

Ne pas échanger de cadres de couvain entre ruchers inconnus : Il est parfois tentant de déplacer des cadres de couvain operculé d’une ruche à une autre (pour équilibrer les populations, etc.), mais si vous n’êtes pas certain de la santé des deux ruches, cela pourrait transférer des acariens. Limitez ces pratiques au strict nécessaire et uniquement entre ruches propres, connues, sans symptômes.

Maintenir la vigilance sanitaire : informez-vous sur Tropilaelaps — notamment en lisant des articles comme celui-ci — et suivez la situation dans votre pays. Participez aux programmes officiels de surveillance lorsqu’ils existent. En Espagne, par exemple, le ministère de l’Agriculture a mené pendant plusieurs années des recherches ciblées de Tropilaelaps dans des ruchers à risque, toutes négatives à ce jour. Ces initiatives comprennent parfois des formations utiles pour apprendre à reconnaître l’acarien. Chaque apiculteur informé devient une sentinelle sur son territoire.

Collaborer avec les autorités en cas de suspicion : si vous observez une anomalie susceptible d’être liée à Tropilaelaps, ne la dissimulez pas. Un signalement rapide peut faire la différence entre l’éradication du foyer et l’installation durable du parasite. Les autorités apporteront un appui technique et prendront en charge le cas. Dans une zone indemne, l’objectif est d’éradiquer Tropilaelaps, pas de vivre avec lui ; les apiculteurs ont donc la responsabilité de ne pas diffuser de matériel potentiellement infesté.

Appliquer les bonnes pratiques apicoles générales : désinfectez ou passez à la flamme les outils, notamment le lève-cadres, lorsque vous changez de rucher, surtout entre exploitations différentes. Ne réutilisez ni cadres ni ruches provenant d’un rucher suspect sans assainissement adapté ; congeler les cadres pendant 48 h peut tuer les acariens à tous les stades. Maintenez des colonies fortes, car les colonies faibles sont plus vulnérables aux parasites et au pillage. Limitez ce dernier en ne laissant pas de miel à découvert. Ces précautions, déjà appliquées contre la loque, le varroa et d’autres maladies, seraient également utiles face à Tropilaelaps.

En résumé, la prévention repose sur bloquer les voies d’introduction de Tropilaelaps et sur une vigilance extrême face à toute anomalie. Étant donné que l’acarien peut parvenir par inadvertance avec des abeilles importées, votre meilleure défense est la surveillance permanente et des pratiques d’importation et de soins très strictes. Apprenez de l’histoire : Varroa est entré dans de nombreux pays malgré les précautions ; avec Tropilaelaps, vous avez l’avantage de connaître le risque à l’avance et peut-être pourrez-vous retarder ou éviter son établissement en prenant très au sérieux ces recommandations.

Études de cas et retours d’expérience d’apiculteurs

Pour concrétiser tout ce qui a été évoqué, examinons brièvement quelques expériences réelles et situations illustrant le défi de Tropilaelaps :

Progression en Russie et en Géorgie (2021–2024) : comme indiqué plus haut, Tropilaelaps mercedesae a récemment été détecté dans des colonies de la région de Krasnodar, en Russie, ainsi qu’en Géorgie. Il s’agit de la première invasion connue aux portes de l’Europe. Les apiculteurs locaux ont constaté l’effondrement de colonies alors même que Varroa semblait maîtrisé. Ils ont signalé un couvain irrégulier, des opercules perforés et des abeilles moribondes à la langue étirée — signes typiques d’un effondrement associé à une forte infestation parasitaire. Plus de la moitié des colonies suivies sont mortes en un an. La rapidité des pertes a surpris les apiculteurs et conduit les services sanitaires à renforcer les contrôles aux frontières. Pour l’apiculture européenne, l’avertissement est clair : Tropilaelaps n’est plus une menace lointaine et pourrait rapidement progresser s’il n’est pas contenu.

Gestion en Asie : concurrence avec Varroa : Dans les pays asiatiques où coexistent Varroa et Tropilaelaps, les apiculteurs ont observé un phénomène curieux : lorsqu’ils appliquent des traitements intensifs contre Tropilaelaps, le varroa devient pratiquement un problème secondaire et peut même être supplanté par la concurrence. Cela suggère que Tropilaelaps est tellement agressif qu’il « éclipse », en un sens, Varroa. Toutefois, cela implique de multiplier les traitements. Dans ces régions, on effectue fréquemment plusieurs applications d’acide formique par an et des manipulations du couvain pour maintenir Tropilaelaps sous contrôle, ce qui, de manière secondaire, permet également de maîtriser Varroa. Cette expérience fournit des enseignements : les programmes de lutte qui fonctionnent là-bas pourraient être adoptés ailleurs si l’acarien se propage, mais elle montre aussi que gérer les deux parasites simultanément augmente considérablement la charge de travail et les coûts pour l’apiculteur.

Survie hivernale insoupçonnée : Un fait intéressant est le signalement d’acariens Tropilaelaps survivant à l’hiver à l’intérieur de nids de rongeurs (souris) situés à proximité de ruches. Dans au moins un cas documenté, des acariens vivants ont été retrouvés sur une souris installée dans une ruche. Cela suggère que les acariens pourraient utiliser temporairement des hôtes alternatifs ou des abris externes pour traverser les périodes sans couvain. Bien qu’on ne sache pas à quel point cela est fréquent, cette plasticité pourrait leur permettre de résister à des hivers froids en se cachant jusqu’à ce que la ruche reprenne à produire du couvain au printemps. Vous devez donc envisager de contrôler la présence de rongeurs dans les ruchers (par hygiène et parce qu’ils pourraient servir de « pont » pour Tropilaelaps). C’est un exemple de la manière dont la nature cherche des voies pour persister, et pourquoi la vigilance ne doit jamais se relâcher, même en période froide.

Coordonner la réponse sanitaire : dans les zones aujourd’hui indemnes de Tropilaelaps, les rares suspicions ont jusqu’ici entraîné des mesures fortes. Si l’acarien était détecté demain en Espagne, un plan d’urgence comparable à celui déployé lors de l’arrivée du varroa dans les années 1980 serait probablement activé : quarantaine de la zone, destruction des colonies infestées, échantillonnage intensif dans un rayon de 3 km, etc. Les apiculteurs doivent savoir qu’ils pourraient alors devoir sacrifier certaines colonies et collaborer dans l’intérêt collectif. Au Chili, par exemple, le protocole officiel prévoit l’élimination des colonies positives et des quarantaines régionales en vue de l’éradication. Les précédents du varroa ou du petit coléoptère des ruches montrent qu’une réponse rapide et coordonnée peut contenir un nouveau parasite si chacun coopère.

Expériences éducatives : De nombreux apiculteurs expérimentés commencent à parler davantage de Tropilaelaps lors de congrès, de blogs et de formations, afin de préparer la communauté. Des initiatives telles que la campagne « Tropi STOP » en Amérique du Nord diffusent des supports illustrés et des conférences sur la manière d’identifier le parasite. Lors de salons apicoles, ils exposent parfois des échantillons dans des flacons ou des photographies comparatives afin que les apiculteurs les mémorisent. La communication « d’apiculteur à apiculteur » est précieuse : un apiculteur informé peut à son tour former des collègues locaux à la reconnaissance de cet acarien. Par exemple, l’apicultrice Kasia (mentionnée dans un article du Beelistener) soulignait que les associations locales devraient davantage évoquer les menaces exotiques et non seulement Varroa. Ce témoignage et cette prise de conscience collective font partie intégrante des expériences en cours de construction au sein de la communauté apicole mondiale face à Tropilaelaps.

En résumé, les expériences de terrain nous apprennent que Tropilaelaps agit vite et avec sévérité, mais qu’il peut aussi être maîtrisé si les leçons tirées d’autres régions sont appliquées. Des cas récents confirment que la menace est réelle et proche, et la principale leçon à en tirer est la préparation en amont : nous former, nous équiper d’outils de surveillance, et être prêts à répondre ensemble.

Conclusion et recommandations finales

Tropilaelaps s’annonce comme un ennemi redoutable des abeilles et de l’apiculture, dont les dégâts potentiels pourraient égaler, voire dépasser, ceux de Varroa destructor. Sa biologie très spécialisée — reproduction fulgurante dans le couvain operculé et dépendance absolue envers le couvain — le rend difficile à détecter, mais également vulnérable aux stratégies qui interrompent son cycle.

Pour les apiculteurs débutants et intermédiaires, s’informer et se préparer est la meilleure stratégie pour l’instant. Cela implique :

Apprendre à reconnaître l’acarien et ses signes : familiarisez-vous avec l’aspect de Tropilaelaps grâce à des images comparatives avec le varroa et à l’observation de rayons suspects, ainsi qu’avec les symptômes qu’il provoque. Un couvain en mosaïque associé à des abeilles malformées ne signifie pas toujours « varroa » ; en cas de doute, approfondissez l’examen et sollicitez un professionnel.

Maintenir une conduite sanitaire rigoureuse : une lutte intégrée efficace contre le varroa produit des colonies plus fortes et peut aider à révéler une anomalie. Si une colonie ne répond pas comme prévu au traitement antivarroa, par exemple, recherchez une autre cause. De nombreuses techniques employées contre le varroa, telles que les ruptures de couvain, sont utiles contre les deux acariens et méritent d’être intégrées régulièrement à la conduite du rucher.

Suivre l’évolution des connaissances et de la réglementation : la situation de Tropilaelaps peut changer d’une année à l’autre. De nouveaux signalements, de nouvelles recherches — par exemple sur des pièges ou des médicaments spécifiques — et des évolutions réglementaires peuvent survenir. Se tenir informé auprès de sources fiables, telles que les associations apicoles, les services de conseil et la littérature technique, permettra de prendre des décisions éclairées le moment venu. Si un produit efficace était autorisé ou un protocole de quarantaine recommandé, les apiculteurs informés seraient les premiers à les appliquer correctement.

Collaboration et communication : la menace de Tropilaelaps ne concerne pas un seul apiculteur : elle nous concerne tous. Le partage d’expériences, d’alertes et de bonnes pratiques au sein de la communauté apicole locale renforce le réseau de surveillance. Tout phénomène anormal doit être signalé et toute nouvelle méthode de suivi, partagée. En apiculture, la transmission des connaissances entre professionnels a toujours été essentielle ; elle l’est plus encore face à un parasite émergent.

En conclusion, Tropilaelaps n’est pas encore présent dans nos ruches, et grâce à un effort collectif, nous pourrions peut-être réussir à ce qu’il ne s’y installe jamais de façon stable. Mais nous ne devons pas le sous-estimer : ignorer son existence serait une erreur coûteuse. Au contraire, nous devons nous préparer comme si son arrivée était une question de temps, afin d’agir avec responsabilité. Mettre en œuvre dès maintenant des pratiques de gestion intégrée solides reviendra à disposer de colonies plus saines en général et plus résilientes face à tout parasite.

L’apiculture moderne fait face à de multiples défis – du varroa aux pesticides et au changement climatique –, et Tropilaelaps s’ajoute à la liste comme une menace latente. Cependant, avec des abeilles fortes, des apiculteurs informés et des mesures sanitaires proactives, nous pourrons limiter l’impact de cet acarien si jamais il apparaît. La vigilance, l’éducation continue et la collaboration seront nos outils les plus efficaces pour protéger nos abeilles de Tropilaelaps et préserver une apiculture durable pour les générations futures.

Bibliographie

« Infestation des abeilles mellifères par les acariens Tropilaelaps » – Organisation mondiale de la santé animale (OIE). 

« Tropilaelaps : un danger émergent pour l’abeille mellifère européenne » – Current Opinion in Insect Science, 2018. 

« Écologie, cycle de vie et gestion des acariens Tropilaelaps » – Journal of Economic Entomology, 2017. 

« Qu’est-ce que Tropilaelaps ? » – National Bee Unit, 2017. 

« Tropilaelaps – Biologie » – Tropilaelaps.info. 

Tropilaelaps : identification, détection et stratégies de lutte - MALADIES & PARASITES
joshua@latiendadelapicultor.com |  + posts

ISNI 0000 0005 1801 1100 | Joshua Ivars est le gérant de LA TIENDA DEL APICULTOR et l’auteur du blog, où il partage du contenu technique et pratique pour les apiculteurs. Avec une vaste expérience dans le secteur apicole, il s’attache à proposer des conseils et des solutions basés sur les besoins réels de l’apiculteur, en apportant son expertise sur les produits et les pratiques essentielles en apiculture.​

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