Votre traitement contre le varroa fonctionne-t-il ? Comment le vérifier au rucher

Main montrant le lange blanc d’un plateau grillagé avec des bandes de débris tombés de la ruche

Pour savoir si un traitement contre le varroa a fonctionné dans votre rucher, il faut compter deux fois : un échantillon d’environ 300 abeilles le jour où vous traitez et un second quand le traitement a fini d’agir, avec le lange graissé du plateau grillagé qui compte la chute entre les deux. Si, après le traitement de fin de saison, le second échantillon donne 1 % ou plus (3 varroas ou plus sur 300 abeilles), la colonie n’est pas là où elle devrait être et il faut en parler à votre vétérinaire avant l’hiver, même si le produit est bon.

Le varroa se voit à peine à l’œil nu, et une colonie qui paraît saine peut être très infestée. Là où ça se voit, c’est à la récolte : dans une étude française sur la miellée de lavande, les colonies qui arrivaient avec plus de 3 varroas pour 100 abeilles ont produit en moyenne 3 kg de miel de moins par ruche, et celles qui dépassaient 5, près de 6,5 kg de moins. Compter avant et après le traitement est la seule façon de savoir où vous en êtes, et le matériel coûte peu.

Votre traitement fonctionne-t-il ? La réponse courte

  1. Échantillon A le jour du traitement : environ 300 abeilles prises sur un cadre de couvain. Comptez les varroas et divisez par 3 : c’est le taux d’infestation.
  2. Lange graissé sous le plateau grillagé pendant que le traitement agit. Comptez la chute chaque jour.
  3. Échantillon B le jour où le traitement se termine : au retrait des lanières, à la date de la notice, ou, pour un traitement en une seule application, quand la chute sur le lange revient à son niveau d’avant.
  4. Comparez. Efficacité apparente = (A − B) ÷ A × 100. Mais ce qui compte, c’est où se situe B : après le traitement de fin de saison, sous 1 %, c’est bon ; à partir de 1 %, il faut agir.

Après le traitement d’été, refaites un comptage une ou deux semaines plus tard : il vous dira combien de varroas il reste vraiment et si la colonie s’est réinfestée.

Aller à : Pourquoi compter · L’échantillon de 300 abeilles · Le lange · Le second échantillon · Lire le résultat · Quand compter · Si ça n’a pas marché · Le matériel


Pourquoi poser le traitement ne suffit pas

Acarien varroa sur le thorax d’une abeille ouvrière
Varroa adulte sur une ouvrière. À l’œil nu, c’est un point rougeâtre d’un peu plus d’un millimètre.

Un médicament autorisé a prouvé son efficacité en essais, mais dans votre ruche il peut faire moins bien à cause du couvain présent, de la température, d’une mauvaise mise en place ou d’une réinfestation par les colonies voisines. Les RCP le disent eux-mêmes : celui de l’Api-Bioxal prévient que l’efficacité peut varier d’une colonie à l’autre et demande de surveiller régulièrement la diminution du nombre d’acariens.

Et il y a la résistance. Un suivi à grande échelle dans la Communauté valencienne, en Espagne (Université de Valence et trois groupements de défense sanitaire apicoles, APIADS, APICAL et APIVAL), a montré que l’efficacité attendue du coumaphos et des pyréthrinoïdes variait beaucoup d’une zone à l’autre, parce que chaque population de varroa comptait une proportion différente d’acariens résistants. Celle de l’amitraze était plus homogène, quoiqu’un peu en dessous de ce qu’annonce l’étiquette. Dans le manuel de Gómez Pajuelo, les deux pyréthrinoïdes, le Bayvarol et l’Apistan, figurent d’ailleurs avec des problèmes ponctuels de résistance et de manque d’efficacité. Le produit qui a marché chez vous il y a trois ans peut ne plus marcher aujourd’hui, et vous ne le saurez qu’en comptant.

Le guide de lutte intégrée de Véto-pharma l’illustre en chiffres : un traitement efficace à 90 % sur une colonie de 500 varroas en laisse 50, mais sur une colonie de 10 000, il en laisse 1 000. L’objectif de référence est de terminer le traitement avec moins de 50 varroas par colonie. D’où l’importance de savoir avec combien de varroas vous partez autant que combien il en reste à la fin.

Et le calendrier presse. Au printemps et en été, la population de varroas double à peu près chaque mois : la colonie qui part haut atteint plus tôt le seuil de dégâts. Les abeilles qui doivent passer l’hiver naissent, selon ce même guide, entre la mi-août et la mi-septembre selon les régions et, si elles sont en bonne santé, vivent environ 200 jours ou plus, contre un ou deux mois pour celles d’été. Attendre septembre pour s’occuper du varroa les expose à lui et aux virus qu’il transmet au moment même où elles se forment, et traiter tard fait baisser le varroa, mais pas les virus, qui restent là plusieurs semaines. Si ces abeilles arrivent affaiblies, la colonie le paie au printemps, même si vous l’avez traitée ensuite.

Étape 1 : l’échantillon de 300 abeilles

Le varroa que l’on mesure dans un échantillon est celui qui se trouve sur les abeilles adultes (la phase phorétique). Comme il reste surtout sur les nourrices, on prélève sur un cadre de couvain, jamais sur un cadre de miel, où l’infestation paraît plus basse. Gardez en tête que l’échantillon ne voit qu’une partie du problème : selon la saison, entre la moitié et 90 % des varroas se trouvent dans le couvain operculé.

  1. Sortez un cadre de couvain et secouez ses abeilles dans une bassine. Les butineuses s’envolent en quelques secondes et il reste surtout des nourrices.
  2. Vérifiez que la reine n’est pas dans la bassine avant de prélever. Sur les cadres centraux, elle peut facilement s’y trouver.
  3. Remplissez le pot jusqu’au repère des 300 abeilles. Le Varroa EasyCheck l’indique. Si vous utilisez votre propre pot, comptez-les une fois pour savoir jusqu’où le remplir.
  4. Séparez les varroas des abeilles avec l’une des trois méthodes du tableau, comptez-les et calculez : varroas ÷ abeilles × 100. Avec 300 abeilles, il suffit de diviser par 3.
MéthodeTue les abeilles ?Ce qu’elle récupèreComment faire
Lavage à l’alcoolOuiPratiquement tous les varroasAbeilles dans de l’alcool à 70°, agiter un bon moment et filtrer. Filtré et conservé dans une bouteille fermée, l’alcool se réutilise.
Sucre glaceNon20 à 30 % peuvent ne pas se détacherSucre glace fraîchement ouvert (s’il a pris en masse, il ne sert à rien), agiter sans abîmer les abeilles et vider sur de l’eau dans un récipient blanc : le sucre se dissout et les varroas apparaissent.
CO₂Non, elles se réveillent en quelques minutesCeux qui se détachent sous anesthésieQuelques secondes de gaz, agiter et compter, avec un Varroa Tester CO₂.
Taux de récupération du sucre glace et de l’alcool : Gómez Pajuelo, Buenas prácticas en sanidad y alimentación de las colmenas (4e éd., 2025, en espagnol). Les trois techniques peuvent se faire avec le même pot EasyCheck.

Avec l’alcool, les varroas restent collés aux abeilles mouillées : agitez franchement et rincez bien la passoire. Et notez toujours de quelle ruche vient chaque pot, car l’échantillon B doit venir de la même.

Combien de ruches ? Pour surveiller le rucher, choisissez-en une dizaine : la moitié dans la première rangée, du côté où arrivent les abeilles, qui reçoit plus de dérive, et l’autre moitié parmi celles qui montrent des signes. Pour vérifier qu’un traitement fonctionne, il suffit d’en marquer quelques-unes, deux ou trois par rucher, et de refaire l’échantillon sur les mêmes.

Étape 2 : le lange pendant que le traitement agit

Apiculteur examinant à la loupe le lange d’un plateau grillagé
Le lange se contrôle toutes les 24 à 72 heures. À la loupe, on distingue mieux les varroas des débris de cire et de pollen.

L’échantillon est une photo ; le lange est le film. Avec un plateau grillagé et un carton ou une feuille enduite de vaseline filante, chaque varroa qui tombe reste collé et ne peut pas remonter. Le plateau grillagé, à lui seul, ne contrôle pas le varroa (Pajuelo estime qu’il réduit sa survie d’environ 26 %) : son intérêt, c’est qu’il permet de mesurer.

  • Avant de traiter, quelques jours de chute naturelle vous donnent la référence de cette colonie.
  • Pendant le traitement, la chute augmente puis, quand le produit cesse d’agir, retombe à peu près à son niveau d’avant. C’est ce jour-là qui vous intéresse.
  • Changez la feuille toutes les 24 à 72 heures. Au-delà, les abeilles la rongent ou elle se couvre de débris, et le comptage ne vaut plus rien.

Le suivi quotidien n’est nécessaire que la première fois que vous utilisez un produit dans vos ruches. Une fois que vous savez combien de temps il met à cesser de faire tomber des varroas, les deux échantillons suffisent les saisons suivantes.

Étape 3 : quand faire le second échantillon

C’est là que presque tout le monde se trompe, et c’est la clé sur laquelle insistait Koldo Belasko, apiculteur professionnel en Biscaye, lors d’une conférence pour l’Asociación Montañesa de Apicultores : l’échantillon B se fait quand le traitement vient de cesser d’agir, pas des semaines plus tard. Si vous attendez, des varroas continuent de sortir du couvain operculé, que les acaricides de contact n’atteignent pas, et le second échantillon mélange les varroas qui ont survécu au traitement avec les nouveaux. Le résultat ressemble à un traitement qui ne marche pas alors qu’il s’est passé autre chose.

C’est pour cela que les traitements en lanières durent des semaines : ils doivent rester dans la ruche le temps que sortent du couvain les varroas qui étaient operculés au départ. Pajuelo compte une quarantaine de jours d’action, et une semaine de plus s’il y a du couvain de mâles. L’acide oxalique fonctionne à l’inverse : il tue les varroas qu’il touche le premier jour et, dans les 2 ou 3 jours suivants, ceux qui ont été atteints ; ensuite, il n’agit plus. Avec l’oxalique, l’échantillon B arrive au bout de quelques jours.

Apiculteur posant une lanière de traitement contre le varroa entre les cadres
Avec les traitements en lanières, l’échantillon B se fait le jour du retrait, à la date indiquée sur la notice.

La fin de chaque traitement est fixée par sa notice. Voici, selon le type de traitement, quand faire l’échantillon B :

Type de traitementExempleQuand faire l’échantillon B
Lanières à l’amitrazeApivarAu retrait des lanières
Lanières aux pyréthrinoïdes (fluméthrine, tau-fluvalinate)Bayvarol, ApistanAu retrait des lanières
Acide formique en lanièresFormicProAu retrait des lanières, en vérifiant sur le lange que la chute est revenue à son niveau d’avant
Thymol en gelApiguardQuand la seconde application est consommée et que la chute est revenue à son niveau d’avant
Acide oxalique en une seule application (dégouttement ou sublimation)Api-BioxalQuand la chute sur le lange revient à son niveau d’avant
La durée, la dose, la mise en place et les précautions sont celles de la notice autorisée dans votre pays : elles peuvent changer d’un pays à l’autre. Un médicament vétérinaire n’est vendu que là où il est autorisé.

Deux RCP vont dans ce sens (versions espagnoles consultées). Celui de l’Apiguard demande de contrôler régulièrement la chute des acariens et, si elle reste significative l’hiver ou le printemps suivants, recommande un traitement secondaire. Celui du Varroxal ne recommande une seconde évaporation, à 2 semaines, que si l’infestation restante dépasse 6 % (plus d’un varroa tombé par jour) ou si la colonie garde du couvain operculé en hiver. Compter après le traitement n’est pas un caprice : c’est ce qui vous dit si vous êtes dans ce cas.

L’échantillon B vous dit si le produit a fonctionné. Pour décider si la colonie a besoin d’autre chose avant l’hiver, il vaut mieux faire en plus un comptage une ou deux semaines après la fin du traitement d’été. Ce comptage inclut déjà les varroas qui ont continué à sortir du couvain et ceux qui sont arrivés d’autres ruches par pillage ou par dérive. Après un traitement, la population peut repartir très vite.

Étape 4 : lire le résultat

Efficacité apparente = (varroas dans A − varroas dans B) ÷ varroas dans A × 100

Avec des échantillons de même taille, vous pouvez utiliser directement le nombre de varroas comptés dans chaque pot.

Deux exemples avec des échantillons de 300 abeilles :

  • Ruche 1. A : 24 varroas (8 %). B : 2 varroas (0,7 %). Efficacité apparente de 92 %, et la colonie reste sous 1 %. Le traitement a fonctionné.
  • Ruche 2. A : 45 varroas (15 %). B : 9 varroas (3 %). Efficacité apparente de 80 %, et la colonie reste à 3 %. Elle n’est pas propre et il faut agir.

Notez que la ruche 2 serait restée haute même avec un bon produit : elle partait trop chargée. C’est pourquoi l’échantillon B compte plus que le pourcentage d’efficacité. Pour référence, pour autoriser un médicament contre le varroa, l’Agence européenne des médicaments exige dans les essais de terrain 95 % d’efficacité pour les molécules de synthèse (amitraze, fluméthrine, tau-fluvalinate) et 90 % pour celles d’origine naturelle (thymol, acide formique, acide oxalique), selon le guide de Véto-pharma.

Avec 300 abeilles, un ou deux varroas d’écart, c’est du bruit : ne tirez pas de conclusion d’une seule ruche avec des chiffres aussi bas. Comparez-en plusieurs et regardez la tendance.

Après le traitement de fin de saison, la colonie devrait rester sous 1 %. Le reste de l’année, la référence est de traiter quand la colonie approche 3 % sur abeilles adultes. Si vous mesurez sur le couvain (en désoperculant des cellules), les chiffres sont différents, car il y a plus de varroas sous les opercules : d’après Pajuelo, environ 3 fois plus que sur les abeilles adultes au printemps, et jusqu’à 10 fois plus quand le couvain diminue en été. Cette méthode est expliquée dans Diagnostic du varroa : détection et prise de décision.

Acarien varroa à la pointe d’une lame, avec un rayon de couvain en arrière-plan
Il y a plus de varroas sous les opercules que sur les abeilles adultes : les pourcentages sur couvain ne se comparent pas à ceux de l’échantillon de 300 abeilles.

Quand compter au fil de l’année

Le guide de Véto-pharma recommande au moins quatre comptages par an, et un de plus chaque fois que vous avez un doute :

  1. En début de saison, pour avoir le point de départ de chaque colonie.
  2. Après la récolte de printemps et avant celles d’été, pour ne pas envoyer en miellée des colonies déjà très infestées.
  3. Avant le traitement d’été, pendant la dernière récolte. C’est votre échantillon A.
  4. Une ou deux semaines après la fin du traitement d’été, pour voir l’infestation qui reste et s’il faut un traitement d’hiver.

Dans les zones au climat méditerranéen, où la reine ne s’arrête pas de pondre l’hiver, le varroa ne s’arrête pas non plus : là, le comptage d’hiver ne se saute pas. Et si le comptage est élevé avant une miellée, il vaut parfois mieux sacrifier une floraison pour traiter que d’attendre après.

Pour savoir si un chiffre est haut ou bas selon la saison, voici les seuils indicatifs de référence :

PériodeÉchantillon de 300 abeilles (alcool, sucre glace ou CO₂)Chute naturelle sur le lange
Début du printemps1 % ou plus0,5 varroa par jour
Entre deux mielléesPlus de 2 %5 varroas par jour
Fin de saison, avant traitement (fin juillet et août)Plus de 3 %10 varroas par jour
Hiver, après le traitement1 % ou plus1 varroa par jour
Au-dessus de ces chiffres, il vaut mieux agir. Ils sont indicatifs : les dégâts dépendent aussi de l’état des abeilles et de la saison. Source : Véto-pharma, d’après Tools for Varroa Management, Honey Bee Health Coalition (2022).
Apiculteur montrant la chute de débris sur le lange d’un plateau grillagé
L’hiver et au début du printemps, par temps froid, la chute sur le lange permet de compter sans ouvrir la ruche.

Si le traitement n’a pas fonctionné

Qu’il reste des varroas après le traitement ne veut pas forcément dire que le produit a échoué ni qu’il y a une résistance. Avant de conclure, passez en revue :

  • L’état des colonies : si elles étaient fortes et si elles sortaient de beaucoup de couvain ou d’une grosse récolte, qui amènent souvent beaucoup de varroas.
  • Les comptages d’avant, de pendant et d’après le traitement.
  • Les dates et la façon de l’appliquer : mise en place et durée, selon la notice. Un traitement plus court que ce qu’indique la notice laisse plus de varroas. Et les lanières de contact ne fonctionnent que si les abeilles passent dessus, au cœur du couvain ; Véto-pharma, fabricant de l’Apivar, conseille en plus de les gratter à mi-traitement et de les replacer si le couvain s’est déplacé.
  • Une éventuelle réinfestation depuis un rucher voisin ou une colonie morte. Une colonie morte du varroa reste pleine de miel, les ruches voisines la pillent et emportent ses varroas, qui survivent une dizaine de jours sans se nourrir. Retirez-la du rucher dès que vous la voyez.
  • Les traitements reçus par ces ruches l’année précédente.

Une fois cela vérifié :

  • Ne répétez pas le même produit de votre propre chef et n’augmentez pas la dose. Le RCP d’un médicament à l’amitraze précise qu’une dose plus forte n’apporte pas plus d’efficacité, et celui de l’Api-Bioxal, qu’une dose double ou triple augmente la mortalité des abeilles et affaiblit la colonie pour l’hiver. Mal utiliser un produit accélère aussi la résistance : laisser les lanières plus longtemps que prévu (tout l’hiver, par exemple), réduire la dose ou combiner des traitements de façon non autorisée.
  • Parlez-en à votre vétérinaire, comptages en main. Avec les chiffres, il est facile de décider s’il faut une autre molécule ou un traitement hors couvain en hiver. Alterner les molécules les aide à rester efficaces : dans l’enquête sur les pertes hivernales de Nouvelle-Zélande de 2022, les apiculteurs qui avaient utilisé plusieurs traitements dans l’année ont perdu moins de colonies que ceux qui n’en avaient utilisé qu’un.
  • Traitez toutes les ruches du rucher en même temps. Le RCP de l’Apistan le conseille pour éviter les réinfestations par dérive et par pillage.
  • Notez les résultats par produit, par rucher et par année. Si une molécule commence à faiblir dans votre secteur, vous le verrez avant tout le monde.

Pour revoir comment chaque traitement s’intègre dans la saison, lisez Stratégie intégrale pour le contrôle du varroa en apiculture.

Le matériel

Questions fréquentes

Combien d’abeilles doit contenir l’échantillon de varroa ?

Environ 300 abeilles prises sur un cadre de couvain. Avec 300 abeilles, le taux d’infestation est le nombre de varroas divisé par 3 : 6 varroas, c’est 2 %. Le Varroa EasyCheck porte le repère des 300 abeilles ; avec un autre pot, comptez-les une fois pour savoir jusqu’où le remplir.

Pour compter le varroa, vaut-il mieux l’alcool ou le sucre glace ?

Le lavage à l’alcool détache pratiquement tous les varroas, mais il tue les abeilles de l’échantillon. Le sucre glace ne les tue pas, mais 20 à 30 % des varroas peuvent rester accrochés, il sous-estime donc l’infestation. Le CO₂ ne tue pas les abeilles non plus. Pour comparer avant et après, utilisez toujours la même méthode.

Combien de temps laisser la feuille graissée sur le lange ?

Entre 24 et 72 heures. Au-delà, les abeilles la rongent ou elle se couvre de débris et le comptage n’est plus fiable. Pour savoir quand un traitement cesse d’agir, le mieux est de la changer chaque jour.

Quel taux de varroa est dangereux ?

Cela dépend de la saison. À titre indicatif, il vaut mieux agir à partir de 1 % au début du printemps, au-dessus de 2 % entre deux miellées et au-dessus de 3 % en fin de saison. Après le traitement d’automne, la colonie devrait rester sous 1 %.

Quand faire le second échantillon après le traitement ?

Quand le traitement a fini d’agir : au retrait des lanières, à la date de la notice, ou, pour les traitements en une seule application comme l’acide oxalique, quand la chute sur le lange revient à son niveau d’avant le traitement. Si vous attendez davantage, les varroas qui continuent de sortir du couvain faussent la comparaison. Après le traitement d’été, faites aussi un comptage une ou deux semaines plus tard pour voir l’infestation qui reste.

Peut-on répéter le traitement si le second échantillon est élevé ?

Seulement dans ce que permet la notice du médicament, qui fixe le nombre d’applications et l’intervalle entre elles. Une dose plus forte n’apporte pas plus d’efficacité et peut nuire aux abeilles. Avec vos comptages, consultez votre vétérinaire : il faudra peut-être une autre molécule ou un traitement hors couvain.

S’il reste des varroas après le traitement, le produit ne marche-t-il pas ?

Pas forcément. Un traitement efficace à 90 ou 95 % laisse toujours des varroas, et si la colonie partait très infestée, il peut en rester beaucoup. Avant de parler de résistance, vérifiez l’état de la colonie, la quantité de couvain, quand et comment le traitement a été appliqué et si elle a pu se réinfester depuis un rucher voisin.

Combien de fois par an faut-il compter le varroa ?

Au moins quatre : en début de saison, après la récolte de printemps, avant le traitement d’été et une ou deux semaines après la fin de ce traitement. Et chaque fois que vous avez un doute.

Un plateau grillagé suffit-il à contrôler le varroa ?

Non. Le plateau grillagé empêche le varroa tombé de remonter, mais à lui seul il ne contrôle pas la population : Pajuelo estime qu’il réduit sa survie d’environ 26 %. Son intérêt, c’est qu’il permet de compter la chute, y compris sans ouvrir la ruche.

Pour aller plus loin

Sources

  • Véto-pharma, guide de lutte intégrée contre le varroa au fil des saisons (guide IPM, 2024), et la présentation de María Marcilla Corzano, vétérinaire chez Véto-pharma, lors d’une journée technique pour apiculteurs.
  • RCP espagnols de CIMA Vet (AEMPS), consultés le 07/11/2026 (en espagnol) : Amicel Varroa (amitraze), Apistan, Apiguard, Api-Bioxal et Varroxal.
  • Hernández-Rodríguez, C. S., Marín, Ó., Calatayud, F., Mahiques, M. J., Mompó, A., Segura, I., Simó, E. et González-Cabrera, J. (2021), « Large-Scale Monitoring of Resistance to Coumaphos, Amitraz, and Pyrethroids in Varroa destructor », Insects 12(1):27.
  • Mondet, F. et collaborateurs (2016), Innovations Agronomiques 53:63-80 : la donnée de la miellée de lavande, citée dans le guide de Véto-pharma.
  • Stahlmann-Brown, P. et Robertson, T. (2023), Report on the 2022 New Zealand Colony Loss Survey, Manaaki Whenua Landcare Research, cité par Véto-pharma.
  • Honey Bee Health Coalition, Tools for Varroa Management (2022).
  • Gómez Pajuelo, A., Buenas prácticas en sanidad y alimentación de las colmenas, 4e éd. (2025, en espagnol).
  • Koldo Belasko, « Pequeñas técnicas para cambiar tu apicultura », Asociación Montañesa de Apicultores, partie 1 et partie 2 (octobre 2026, en espagnol).

Cet article est informatif et ne remplace pas l’avis de votre vétérinaire. Les médicaments contre le varroa s’utilisent uniquement selon la notice autorisée dans votre pays et la réglementation qui s’y applique.

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ISNI 0000 0005 1801 1100 | Joshua Ivars est le gérant de LA TIENDA DEL APICULTOR et l’auteur du blog, où il partage du contenu technique et pratique pour les apiculteurs. Avec une vaste expérience dans le secteur apicole, il s’attache à proposer des conseils et des solutions basés sur les besoins réels de l’apiculteur, en apportant son expertise sur les produits et les pratiques essentielles en apiculture.​

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