Protéine

Substituts de pollen et nourrissement protéique : MegaBee, Apipollen, Bee Polenate, farine de soja micronisée et préparations pour élevage. En poudre et en galette.

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Fina Gonell
Fina Gonell
Ingénieure agronome et experte en nutrition et santé des abeilles, avec une vaste expérience en formation et conseil technique.

Faut-il utiliser ou non des compléments protéiques ?

C’est une question que nous nous posons depuis longtemps en tant qu’entreprise. C’est pourquoi nous menons des essais de terrain avec différents types d’aliments protéiques pour les abeilles.

Comme souvent en apiculture, il n’y a pas de réponse unique. Ce qui est certain, c’est que sans une alimentation variée en pollen, les abeilles peuvent souffrir de carences nutritionnelles qui nuisent à leur santé.

Les doutes concernent souvent le moment de l’application, la quantité, la forme (liquide ou pâte), ou le pourcentage de protéines adapté. Tout cela dépend de nombreux facteurs : les besoins ne sont pas les mêmes selon la race d’abeilles, ni selon qu’on soit en pleine pollinisation de myrtilles ou en production de miel de fleurs.

En règle générale, il est recommandé de fournir un apport protéique lorsqu’il y a un risque que le pollen disponible soit peu diversifié, que la floraison ait échoué ou qu’il n’y ait pas de réserves de pollen. Le moment le plus critique est souvent celui de la croissance de la colonie, lorsque les nourrices doivent produire beaucoup de gelée royale pour alimenter le couvain.

Conseil pratique : dans la mesure du possible, réalisez des essais comparatifs sur le terrain. Divisez vos ruches en deux groupes homogènes : donnez un complément protéique à l’un des groupes et laissez l’autre en témoin. Marquez les ruches nourries et suivez leur santé et leur productivité dans le temps. Gardez en tête que les effets peuvent apparaître à long terme.

Si vous souhaitez en savoir plus, vous pouvez écouter notre présentation sur ce sujet lors de l’événement Bee Health.

Protéine -Nourrissement abeilles Haute Qualité

Protéine

C'est le nourrissement que le sirop ne remplace pas. L'énergétique donne du carburant ; la protéine donne des abeilles.

À quoi cela sert exactement

Le couvain a besoin de protéine, et cette protéine vient du pollen. Quand il n'entre pas de pollen — ou que celui qui entre est rare ou d'une seule source —, la colonie freine la ponte ou élève des abeilles plus faibles, même avec du nectar à revendre. Le substitut comble ce manque dans quatre situations précises :

  • Fin d’été et automne sans pollen, quand naissent les abeilles d’hiver, les plus exigeantes en protéines : la grappe de février se joue là, pas en janvier. Là où fleurissent bruyère, lierre ou arbousier, l’enjeu est moindre.
  • Démarrage précoce, quand il faut des abeilles en nombre avant la première miellée (transhumance, floraison précoce). Uniquement tant que le pollen ne rentre pas et s’il y a de la place dans la ruche : stimuler sans avoir l’emploi de ces abeilles avance l’essaimage.
  • Zones ou années sans floraison protéique, où il y a du nectar mais peu de pollen ou peu varié.
  • Production d'essaims et de nucléus et élevage de reines, qui exigent une masse de jeunes nourrices bien alimentées en continu.

Poudre ou galette

La poudre (MegaBee, Apipollen, Bee Polenate, farine de soja micronisée) revient moins cher au kilo. D’ordinaire, on la pétrit au sirop et on la donne en galette dans la ruche ; à sec, en nourrisseur extérieur, certaines colonies la récoltent et d’autres non, et en automne, c’est pire. La galette arrive prête, se pose sur les têtes de cadres et se consomme sans manipulation : elle coûte plus et fait gagner du temps.

Il existe aussi des préparations spécifiques pour l'élevage de reines en petit format, dès 1,36 € les 250 g.

Deux choses à ne pas confondre

Un substitut n'est pas du pollen. C'est un apport protéique qui permet de maintenir le couvain, pas un remplaçant parfait de la variété d'un pollen naturel. Y ajouter du pollen le rend plus appétent, mais ça ne vaut pas le coup : le pollen coûte cher et, s'il vient de colonies dont tu ne connais pas l'historique sanitaire et de traitements, il peut introduire au rucher des spores de loque, de nosema ou de couvain plâtré, ainsi que des résidus d'acaricides, qui se concentrent justement dans le pollen.

Évalue l’apport de pollen selon sa quantité et sa diversité, en tenant compte des réserves et du couvain. S’il couvre les besoins de la colonie, ne complète pas par habitude ; s’il est insuffisant ou peu varié, vérifie si un apport protéiné est nécessaire.

Vous avez des questions sur Protéine ?

Qu’est-ce qu’une galette protéinée pour abeilles ?

C’est un aliment complémentaire sous forme de pâte qui apporte des protéines et, selon sa formulation, d’autres nutriments. Il sert à compenser un apport naturel de pollen insuffisant ou peu varié. La présentation en galette ne renseigne pas, à elle seule, sur sa composition : consulte l’étiquette et le mode d’emploi. Elle ne correspond pas à un aliment uniquement énergétique et ne remplace pas toute la diversité nutritionnelle du pollen.

Comment donner un complément protéiné aux abeilles ?

Pose la galette sur les têtes de cadres, au-dessus du couvain, au contact de la grappe : c’est à moins de 5 cm des larves que les abeilles l’exploitent le mieux, et plus elle est loin, moins elles y touchent. Ouvre l’emballage ou retire le papier pour un contact direct. Sur une ruche à deux corps, elle va entre les deux corps, sur celui qui contient le couvain, et si la grappe monte, la galette monte avec elle. La chaleur et l’humidité de la grappe préservent sa texture ; si la colonie est petite ou s’il fait froid, elle se dessèche et est mal utilisée. À chaque visite, déplace ce qui reste, car la fausse teigne aime se développer dessous. Si tu utilises une préparation en poudre, suis son mode d’emploi : toutes ne se donnent pas sèches.

Quel est le meilleur aliment pour les abeilles ?

Celle qu’elles trouvent dans la nature : du nectar et du pollen en quantité suffisante et variés. Quand ils manquent, on complète selon la carence : des sucres si les réserves ou les rentrées de nectar sont insuffisantes, et des protéines si le pollen est rare ou peu varié. Les deux vont souvent de pair : sans nectar ni réserves de miel, la galette est mal valorisée, car les abeilles en retirent le sucre et jettent le reste ; accompagne-la d’un sirop léger en petites quantités, sauf si la ruche a du miel en abondance. Choisis des aliments formulés pour les abeilles et regarde leur composition, pas seulement le pourcentage de protéines. Et ne leur donne jamais de miel ni de pollen provenant d’autres ruches ou d’origine inconnue : ils peuvent transmettre des maladies comme la loque américaine.

Quel est l’objectif d’un apport protéiné aux abeilles ?

Il s’agit de combler une carence nutritionnelle qui limite les nourrices et l’alimentation du couvain. Les protéines et leurs acides aminés participent à la production de gelée royale, mais un complément n’a de sens que si le régime en a besoin. Définis si tu veux maintenir la population ou accompagner son développement, puis mesure la réponse en cadres de couvain et d’abeilles, pas à la galette qui disparaît : manger n’est pas grandir. Les premiers apports rechargent d’abord les nourrices : on voit plus de couvain au deuxième ou troisième apport, et plus de gelée dans les larves dès le lendemain. Le complément ne garantit pas une meilleure récolte et ne remplace pas le suivi sanitaire.

Quand donner des galettes protéinées à mes abeilles ?

Quand le pollen qui rentre ne couvre pas les besoins de la colonie, en quantité ou en diversité : après une floraison ratée, pendant une sécheresse, au démarrage du printemps, lors de la disette de fin d’été ou pour préparer des nucléus. La ruche le montre : de jeunes larves avec peu de gelée ou des œufs qui disparaissent réclament de la galette ; si elles baignent dans la gelée, inutile d’en mettre. Si tu cherches à faire croître la colonie, il faut en plus que la température dépasse 18 °C à midi et que les abeilles volent : sur une grappe serrée, la galette reste intacte, et mieux vaut une alimentation d’entretien, plus sèche. Les fortes chaleurs freinent aussi : en août, par temps sec, la galette maintient le couvain, mais le démarrage attend la fraîcheur ou le pollen. Si le pollen rentre en abondance et varié, ne mets pas de galettes par habitude.

Pendant combien de temps donner des galettes protéinées ?

Si tu commences, prévois 4 à 6 semaines d’affilée, soit environ deux cycles de couvain : c’est le minimum fixé par le guide de nutrition de Véto-pharma pour que l’apport profite à la génération suivante. C’est le terrain qui décide : continue tant que le pollen ne rentre pas et que la galette est consommée, et retire-la quand la miellée démarre ou que le froid arrête le vol. Interrompre l’apport en cours de route laisse sans soutien le couvain que tu as déjà stimulé, et il ne faut pas non plus en mettre trop : les abeilles ne stockent pas la galette dans les cadres ; ce que la grappe ne couvre pas se dessèche et la fausse teigne s’y développe, alors retire les restes à chaque visite. Pour arriver en force sur une miellée, commence environ six semaines avant : deux cycles de couvain.

Quelle quantité de galette protéinée donner à chaque colonie ?

À titre de référence, 100 à 250 g par colonie et par semaine quand tu cherches à faire croître la colonie, en complétant au fur et à mesure qu’elle est consommée : en petites portions rapprochées, elle est mieux valorisée qu’en un gros bloc. Sans pollen dans la nature, une colonie forte dépasse le demi-kilo par semaine : ajuste la dose à ce qu’elle consomme d’une visite à l’autre, pas au chiffre de référence. Pour maintenir la population quand le pollen manque, on travaille avec 1 à 1,5 kg par mois d’une pâte complète pauvre en protéines, autour de 4 à 5 %. Ce sont les repères de notre livre en espagnol ¡Quiero ser apicultor! et du manuel de Gonell, Pitarch et Gómez Pajuelo. Si ta galette indique une autre dose, c’est la sienne qui compte, et avant de la donner à tout le rucher, teste-la sur une dizaine de colonies : il y en a toujours une qui ne mange pas.

Que faire si les abeilles ne consomment pas la galette protéinée ?

Regarde d’abord où elle se trouve et dans quel état : une galette éloignée de la grappe ou desséchée est mal utilisée, et dans les ruches Layens elle sèche plus vite, car le toit est ventilé et il n’y a pas de passage entre les cadres. Vérifie si du pollen rentre : avec du pollen dans la nature, il est normal qu’elles l’ignorent. Regarde aussi sa teneur en protéines, car notre abeille ibérique accepte moins bien les galettes à plus de 10 %. Si une colonie ne mange pas alors que ses voisines le font, il n’y a pas de quoi s’alarmer d’emblée : la consommation varie beaucoup d’une colonie à l’autre. Si, en plus, elle a peu de couvain ou une ponte irrégulière, repère-la et visite-la à fond : les orphelines et les malades n’y touchent pas.

Quelles sont les sources de protéines les plus courantes en apiculture?

Le pollen est la source naturelle de protéines des abeilles. Parmi les matières premières utilisées dans les compléments figurent la levure de bière et les farines végétales, comme celle de soja, avec un traitement et une granulométrie adaptés à l’alimentation des abeilles. Leur composition n’est pas équivalente : l’origine végétale ne garantit pas à elle seule une alimentation complète. Ce qui compte, c’est l’équilibre des acides aminés, et une seule farine est pauvre en plusieurs d’entre eux : c’est pourquoi les formules sérieuses associent deux ou trois sources de protéines, et une mouture très fine, sans arômes forts, est mieux consommée. Choisis des aliments formulés pour les abeilles et vérifie leur composition, les autres nutriments apportés et les consignes d’utilisation.

Comment organiser le nourrissement protéiné par rapport à la récolte de miel ?

Prévois les apports suffisamment avant le début de la miellée. Le guide nutrition de Pajuelo et Véto-pharma recommande de séparer le nourrissement de la période de production de miel. Il n’existe pas de délai universel entre l’arrêt du nourrissement et la récolte pour tous les aliments et toutes les conduites. Consulte les consignes du produit et organise les apports pour éviter que l’aliment ne se retrouve dans le miel destiné à la récolte.

Un excès de protéines peut-il nuire à la ruche ?

Oui, de deux façons. Une galette trop concentrée est moins bien consommée : avec notre abeille ibérique, au-delà d’environ 10 % de protéines, l’acceptation baisse, et beaucoup de formules plus riches ont été testées sur l’abeille italienne. Ces 10 % se mesurent sur la galette déjà pétrie, sucre et eau compris : les 45 à 50 % d’une poudre s’entendent sur le produit sec et, pétrie au sirop, elle n’en garde qu’une fraction. Et ce qui n’est pas consommé s’abîme : les galettes humides et riches en protéines fermentent vite au-dessus de 20 °C, et les restes attirent la fausse teigne. Donne à chaque fois ce que la colonie mange en une semaine et retire ce qui se gâte.